Ill y a une dizaine de jours, après en avoir mûri le projet depuis quelques semaines, nous avons enfin testé Il Vino (13 bd de la Tour-Maubourg dans le 7ème). Cet établissement, inauguré en septembre dernier, est dirigé par Enrico Bernardo, sacré meilleur sommelier du monde 2004.
Juste avant de me mettre en route, par acquis de conscience, je jette un œil aux commentaires sur différents sites : en fait c'est très mitigé. Si on y loue en général la qualité des vins, on s'y plaint d'un service négligeant, hautain.
Tant pis, trop tard pour faire marche arrière. Quand faut y aller, faut y aller.
Verdict:
La cadre ? Sobre et de bon goût. Plutôt masculin-trendy-contemporain. Une salle de petite capacité (a priori une quarantaine de couverts maxi). L'accueil ? Charmant, sans être guindé. C'est un petit blond tout
mignon, à l'accent chantant comme une sérénade toscane, qui nous fait
l'article. Le relai sera pris par une équipe plus féminine, petillante
et pleine de vie. Le service est présent, sans être pesant ou empressé.
Il y a assez de monde pour s'occuper de toute la salle, Enrico lui-même
débarasse les assiettes si nécessaire. Aucun temps mort entre les plats.
Le concept du resto, comme son nom l'indique, c'est de faire du vin le maître du repas. A la carte, on choisit donc son vin, à la bouteille ou au verre (ce qui est pratique pour diversifier les expériences), sans savoir à l'avance, quelle plat l'accompagnera -le service s'enquiert, bien évidemment des goût et allergies.
Nous avons décidé de prendre les chemins de la découverte totale, en optant pour un menu découverte : quatre verres, quatre plat, sans rien en savoir à l'avance.
Pour patienter, une coupe de champagne blancs de blancs Pierre Moncuit : ça détonne par rapport à ce que l'on connait, la finesse des bulles est remarquable.
Premier verre, premier plat : millefeuille chaud d'aubergines, tomates, mozzarella et pistou. Rien à dire côté produits, c'est du frais et goûtu. En accompagnement, un verre de blanc, apparrement assez pâle (l'éclairage très tamisé ne permet pas trop l'examen visuel). Un nez plein de fraîcheur, de la légèreté, on a du printemps plein la bouche et les narines. Si ça devait ressembler à quelque chose que l'on connait, ce serait un sauvignon. Nous apprenons alors qu'il s'agit d'un Cuesta de Oro/François Lurton (Espagne), cépage verdejo.
La suite : des spaghetti aux gambas (ou l'inverse). Pareil, plat pas hyper raffiné mais la qualité et la quantité sont au rendez-vous. Pour le vin, ça se corse : on devra le déguster à l'aveugle, dans un verre opaque. Au toucher : verre très frais. Nez riche, un peu boisé. Et vu que c'est servi avec des crustacés on se dit qu'il y a sûrement un piège, qu'on cherche à nous désorienter. Et que forcément, vu qu'on s'attend à boire un vin blanc, c'est un vin rouge. Héhéhé. On goûte : confirmation, c'est bien un rouge. Qui s'accorde d'ailleurs parfaitement avec le plat. La sommelière revient nous voir pour recueillir notre impression, et sourit gentiment à notre réponse. On est tombés complètement à côté de la plaque, il s'agit en fait d'un bourgogne aligoté (2006, Henri Boillot, chapeau l'artiste).
Troisième plat : vitello tonnato réinterprété avec une sauce hollandaise. Un rouge cette fois-ci, on croit connaître sans reconnaitre. C'est à la fois jeune, fluide et construit. La bonne réponse : Cormon Collio 2007 (Italie / Merlot)
Pour finir : un vrai tiramisu, avec une crème qui a le goût de la crème et du mascarpone, des biscuits infusés au café fort... et un verre de vin légèrement pétillant, d'un rose intense, qui vous éclabousse de parfums de rose et de litchi. Pour ceux qui connaissent, ça pourrait ressembler au cerdon du Bugey, et c'est une carrément belle découverte : Malvira Birbèt 2007(Piémont)
Bilan: nous avons très bien mangé -sans que cela soit non plus exceptionnel-, apprécié nos verres et fait de belles découvertes gustatives. Nous nous sommes fait plaisir tout en nous amusant, le tout dans une ambiance classe mais pas trop formelle. C'est le genre d'endroit que je recommanderais à Versac ou CDDB.
C'est cher? 232 euros à deux, c'est pas donné-donné, mais la coupe de champagne (15€ l'unité) et le café (6€) chargent la note.
On y retournera ? OUI !
(*) Pour Snèv : oui, il y a bien un jeu de mot...
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