Rapide
aller-retour dans le cocon familial. Dormir deux nuit d’affilée sur une peau de
mouton face aux flammes. Savourer le cappuccino de betteraves, le foie gras
maison, l’oie aux poires. Fondre pour ce neveu qui réclame des histoires et des
câlins. Se sentir un peu plus fort et un peu moins perdu, avant de remonter au
front.
Evidemment, comme chaque année, je n’ai pas eu à me plaindre. C’est la preuve que j’ai malgré tout été assez sage. Mais le Père Noël, chez les Valeureux, adopte les valeurs de la famille : rien n’est jamais acquis, et tout doit se mériter, même la plus petite récompense –ce qui, sûrement, décuple la satisfaction de son récipiendaire .
J’avais demandé un amoureux au Père Noël –et, pour
l’aider, j’avais même suggéré un du genre Grégoire Leprince-Ringuet, on ne sait
jamais. Compulsant ses petites fiches avant la livraison magique, le Vieux
barbu s’est rappelé ma passion pour le vin, et a choisi ce créneau. Alors, ce
matin du 25 décembre, entre autres présent, c’est donc une bouteille d’un grand
cru de Bordeaux que j’ai trouvé au pied du sapin.
Sauf
que le Vieux, c’est un sadique, un retors. L’enfoiré a cadenassé le précieux
flacon. Un vrai casse-tête.
Je
m’y suis collé immédiatement, sans succès. Alors, au bout de quelques heures,
j’ai pris une décision : le garçon qui arrivera à déverrouiller
ce casse tête, je l’épouse.
Déjà,
s’il essaie, c’est qu’il aime le vin (+1 point) ou qu’il m’aime tellement qu’il
a envie de découvrir ce plaisir. C’est aussi qu’il est joueur. Entreprenant.
Astucieux. Et persévérant.
D’ici là, ce casse-tête sera comme une ceinture de chasteté. Heureusement que c'est un 2005, faut le laisser vieillir, on a le temps de voir venir.

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