Commençons par les points faibles. Et même carrément par l'arnaque: pas de douches. J'ai donc non seulement été privé du plaisir des yeux (mais naaaaaaaaan, les sportifs c'est pas des pervers, en plus je suis myope) mais de plus j'ai dû faire endurer aux pauvres passagers du train, qui se tapent déjà toute la semaine des grèves et des retards, mon capiteux fumet de mâle dominant. Mes sincères excuses à tous/toutes. Bon, dans le lot, ça a ptête excité une ou deux minettes et, avec ma chance, ces effluves chargées de testostérone auront déclenché cette nuit un furieux cycle d'ovulation.
Pour le reste, l'organisation était vraiment chouette. Un G.O était venu spécialement nous chercher à la gare, à quelques kilomètres du lieu de rendez-vous, nous les trois seuls parisiens, la guest dream team. Charmant petit village du far west parisien. A la bonne franquette, dans la salle des fêtes du village, c'est Jacques qui se colle à l'animation, la sono crachotte un peu mais c'est sympa. On remercie le sponsor, c'est pas Olida, c'est Champion. "Avec Champion, je cours comme un champion !" (j'ai vraiment manqué ma voie moi…). Tout le monde a mis la main à la pâte (à la patte en l'occurrence- sorry sorry, je le ferai plus). On se change dans les chiottes (au moins elles sont pas bouchées, ça change de Rambouillet), un peu de gel sur les genoux pour se chauffer, un ptit pipi pour partir bien léger…J'ai bien mes épingles à nourrice, je peux accrocher mon dossard 779.
Coup de sifflet, top départ.
J'imagine qu'on doit être deux grosses centaines (je vérifierai ces prochains jours dès les résultats en ligne). J'abandonne mes deux partenaires Lorie –elle court malgé le torticoli- et Natalia pour adopter très vite une allure soutenue, stratégie nouvelle pour moi. Mais je le sens bien, je me suis chauffé comme il faut et je n'ai pas mal au genou, ça commence en descente. Mon idée : continuer comme ça sur trois à quatre kilomètres, et essayer d'augmenter la vitesse à ce moment là jusqu'à la fin pour boucler le parcours en 1h05 à 1h10 (je rappelle pour ceux qui suivent pas, le parcours fait 14,3 km soit un tiers de marathon).
Comme d'hab, j'essaie d'accrocher quelqu'un qui court à peu près comme moi, avec qui on peut se motiver réciproquement. En plus si c'est un mec pas mal, ça aide ;-) Je trouve une belle asperge très miam, assez marrant avec ses grandes chaussettes bleues qui lui montent sous les genoux. Mais je me rends compte au bout de 100 mètres qu'il sera trop lent pour moi. Je sacrifie donc le plaisir des yeux à la performance et je fonce.
Deux minutes plus tard, je pense trouver mon alter ego. Moins bogosse mais plus charmant. On entame le troisième kilomètre, j'ai le pouls plus élevé que d'habitude au même moment, je doit faire du 13/14 km/h. Et là, patatras, le truc que j'avais pas prévu : une grosse côte. Les régionaux de l'étape connaissent le parcours et sont entraînés et "réservés" en conséquence. Pour moi c'est la surprise. Mais j'ai même pas peur. J'attaque la côte la fleur au fusil, je m'offre même un ptit sprint avec mon copain concurrent. J'arrive en haut lessivé, le salud me distance.
Epongeage, ravitaillement au 4ème kilomètre. Je commence à me sentir un peu court côté souffle. Obligé de réduire la cadence, on y va mollo, je sens se fixer le point de côté (pffff ouaaaaaaaahh la tehoooooooooooon !!!).
Et là, le coup de poignard qui tue, tu quoque mi fili : bogosse-les-chaussettes-bleues me double pile sur la ligne du 7ème kilomètre, avant quoi, hein ? avant la DEUXIEME COTE DE LA VIE DE SA RACE !!! Ben ouais, deux fois le même tour, donc deux fois la même pente. CQFD. Ca me nique le moral grave. J'essaie de le suivre, peut-être l'instinct sexuel saura-t-il me doper ? Même pas, beuh…
Je m'accroche quand même, chuis pas un loser (et non un "looser" comme l'écrivent certain, je suis pas un puriste, mais bon). J'enfile les kilomètres qui restent, faut pas s'en faire une montagne, c'est assez court en fait. Parcours campagnard, des chevaux qui folâtrent dans les champs, des chtites maisons dans les prairies, du bon air, tandis que le soleil commence à darder ses rayons.
Le meilleur pour la fin : une troisième côte. Arrrgh, et il fait de plus en plus chaud. Jésouèèèèffff, abouèèèèrrrr !!! Les cinq cents derniers mètres sont un vrai chemin de croix. Touche marrante sur la finale, on est trois à arriver en même temps, on se tape un sprint pour le fun, et c'est moi le prem's, yes!
1h 22. Pas terrible mais l'honneur est sauf. Des habitués du parcours nous rassurent d'ailleurs en confirmant que le parcours est a priori le plus difficile de la région. J'ai donc fait du 10,45 km/h de moyenne.
Comme je le disais en exergue, pas de douche, mais une remise des prix sympa. Chaque participant a eu droit à son ptit sac de patates "presque bio", ramassées hier dans le champ de Jacques (oui oui, celui qui est au micro, qui félicite les coureurs, remet les coupes et remercie Champion, le magasin des champions).
Encore un grand grand grand merci aux superorganisateurs. On va pouvoir se faire une bonne tartiflette, pour récupérer les 1800 kcalories perdues (d'après le tachy-chrono-podomètre de Lorie).
Ce soir, lundi, je bois un coup avec mon ex P. Neuf ans de moins que moi, quelque chose d'indéfinissable qui ne me laisse toujours pas indifférent. Peut-être le meilleur amant que j'ai jamais serré dans mes bras. Transition parfaite pour enchainer sur un douloureux sujet qui ne peut laisser la pédéblogosphère indifférente : l'Ex.
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